Se hisser lentement

Grimper des heures, tenir tête ou la baisser face aux épreuves des dernières montées : le vent, le grandissant dénivelé, la spirale de nos pensées.

On roule, d’un même rythme retenu. Sans presse, sinon cette étuve du cœur qui a la chamade insuffle du sang dans nos mollets. L’infléchissement d’un horizon crénelé : ces montagnes au loin qui ne cessent de nous échapper. Il faudra en passer des cols encore, avant la prochaine frontière.

Se hisser lentement, musclés tendus, avec pour unique rampe le versant chauve et sec du mont qui nous domine, cette morne étendue où le menu tracé d’un arbre devient le point d’accroche, la fuite et la visée, à mesure que l’on en devine les branches et que l’on peut presque les compter. L’accroissement d’un détail choisi comme mesure de notre patiente avancée. Le vent lui nous repousse, embrasse nos trop amples sacoches pour nous faire éprouver plus vivement encore la lenteur que l’on disait chercher.

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