La moitié d’une année

6 MOIS sur la route, déjà. La moitié d’une année.

Étrange prise de conscience, puisque nomades notre temps devient courbe, relatif, fluide, bouleversé par la fuite floue des secondes discrètes dont on oublie le poids, les semaines qui s’étirent et qu’on ne compte pas, les haltes et le sommeil comme d’essentielles respirations, les dimanches qui reviennent mais qu’on ne nomme pas.

6 MOIS, la moitié d’une année, et heureux de ce rythme-là on s’élance pour une autre entière tout encore, 2019 à vélo, c’est un élan commun plus qu’une promesse, un désir qui bat sur la tempe, dans le coeur dans le corps, on se livre à la route et ensuite l’on verra.

 

 

Et on va où maintenant ?

On avait pour direction une boussole tendue vers l’est, le désir de rouler lentement vers les contrées plus à l’Orient.

Pas de calendrier, de contraintes quantifiables ni de routes dessinées, c’est le pouls de voyage même qui devait par ses rythmes changeants nous saisir et nous guider. Presque une demi-année déjà que nous sommes en chemin : on a pris le temps, de s’accorder au monde, d’apprivoiser cette vie nomade, de se laisser retenir.

But winter is coming, oh oui l’hiver approche, et on se heurte aux râpeuses et infrangibles murailles du réel :

  • la chute des degrés sous zéro
  • la forme des territoires : mer, désert et sommets
  • les guerres
  • l’assommoir des visas.

On pensait traverser la mer Caspienne en bateau, puis rouler en Asie Centrale, jusqu’aux Pamirs. Mais il fait déjà bien trop froid pour gravir ces montagnes-là.

Un autre désir, battant sous la tempe : rejoindre la Russie, et prendre le Transibérien de Moscou à Irkoust, puis le Transmanchourien de Irkousk à Pékin (commes les super inspirants cyclos de V’asie à Vélo). Mais, il faut pour obtenir les précieux sésames que sont toujours les visas renvoyer nos passeports vers la France et le Canada.

Glisser vers l’Iran, contrée fabuleuse et si hospitalière, riche d’histoire, que l’on rêve depuis longtemps de découvrir ? Impossible d’entrer dans le pays à vélo avec un passeport canadien. Le Moyen-Orient, nous n’y songeons même pas.

Alors, à regret, il va falloir sauter d’un bond vers l’Asie du Sud-Est en s’aidant d’un avion. Pas d’autres alternatives que de cette fois dériver de notre ligne de route, de cette joie des progressifs dépaysements, des frontières franchies à vélo, et du désir de fuir les gros moteurs qui chahutent l’environnement.

 

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