Laos – l’eau, les racines et le ciel

Extraits du journal d’Audrey

Luang Prabang, la cité jolie aux ruelles verdoyantes et fleuries.

Harassés, étourdis on redescend doucement de nos sommets brumeux. Il va nous falloir du temps pour trouver les mots justes, et raconter un peu les pistes de terre rouge et collante qui nous ont entraîné si loin, dans des hameaux de bout du monde, entre les lianes et les forêts noueuses, où notre arrivée provoquait chaque fois l’effervescence collective, stupeur, mains levées et cris de joie.

Quelques jours suspendus et irréels, où le paysage avalé tout entier par un brouillard laiteux et dense ne se laissait deviner qu’au détour d’un virage, en de fugitives et oniriques visions, superbe et bien trop vaste pour tenir dans le cadre serré d’un appareil photo. Privés d’horizon, nous étions alors pleinement jetés dans ce présent boueux et éprouvant, à l’échelle de la route étroite et des visages croisés. Peu importe les courbes et la grâce de ces centaines de monts coiffés d’une jungle exubérante : c’est la vie loin des nôtres de ces villages isolés qui là-haut nous captive et nous renverse.

Maisons de bambou et de feuille de palmier tressées, montées sur pilotis en une unique pièce, gosses ébouriffés en haillons et pieds nus, des rats qui cuisent embrochés au dessus du foyer où on nous invite à nous réchauffer… On se lave dans la rivière ou à l’unique source du village, on cuisine dehors avec quelques branches. Une misère sans douceur, des existences rudes loin du brouhaha que fait encore le reste du monde.

On ferme les yeux, pour laisser retomber un peu la poussière de ce trajet-là, et on écrit sur tout cela.

De Luang Prabang à Vientiane

Après une première journée exténuante, presque 2000 mètres de dénivelés dans le brouillard et une série de problèmes mécaniques presque insolubles, on roule tau milieu des pics karstiques, des rivières pâles et des rizières qui dessinent autour de nous un paysage absolument fabuleux.

Les 4000 îles

Liquide la vie s’écoule sans presse sur les îles, douces escales à la dérive du Mékong majestueux.

On s’immerge dans les ruines superbes de Vat Phou, les arbres ont poussés vers les dieux et les pierres courbes s’usent sous des milliers des pieds. Un vieux moine veut nous recevoir pour nous livrer le chant de sa bénédiction, les yeux mi-clos.

Les 4000 îles, l’existence ralentie. Aux aurores un soleil de sang jette sa candeur étincelante sur le fleuve où dansent les frêles silhouettes des pêcheurs entre les îlots buissonants. On se donne le temps… Au revoir, Laos, et kop chaï.

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